Depuis le 1er janvier 2025, le marché immobilier français a franchi une étape décisive dans sa transition écologique. Désormais, en 2026, la question de savoir s’il est possible de louer un appartement classé G : les dérogations légales méconnues est au cœur des préoccupations des investisseurs et des bailleurs. Si la Loi Climat et Résilience a instauré une interdiction de louer stricte pour les logements les plus énergivores, qualifiés de passoires thermiques, la réalité juridique est plus nuancée qu’il n’y paraît. Tout propriétaire bailleur doit aujourd’hui naviguer entre obligations de mise en conformité et exceptions spécifiques prévues par le législateur pour maintenir son bien sur le marché de la location sans risquer de sanctions lourdes.
Le nouveau standard du logement décent en 2026
Depuis l’échéance du 1er janvier 2025, le calendrier d’interdiction issu de la loi est entré dans sa phase la plus contraignante. Un logement est désormais considéré comme indécent si sa consommation d’énergie dépasse le seuil fixé par le DPE G. Pour tout propriétaire, la signature d’un nouveau bail de location est désormais théoriquement impossible si le bien n’affiche pas une classe énergétique supérieure (F au minimum).
L’impact du DPE G sur les nouveaux baux
La notion de logement décent intègre désormais la performance énergétique comme un critère éliminatoire au même titre que la salubrité ou la sécurité. Si votre diagnostic de performance énergétique affiche une étiquette G, le bien est frappé d’une interdiction de mise en location pour tout nouveau locataire. Cela signifie qu’un locataire pourrait se retourner contre son bailleur pour exiger des travaux de rénovation d’envergure ou, à défaut, une réduction substantielle du loyer par voie judiciaire.
Le sort du renouvellement de bail en cours
Le renouvellement de bail tacite reste un point de vigilance majeur en 2026. Si un locataire est déjà en place avant l’entrée en vigueur de l’interdiction, le bailleur n’est pas immédiatement contraint de réaliser des travaux pour poursuivre le contrat. Cependant, lors de la reconduction tacite, le logement doit théoriquement respecter les critères de décence. La jurisprudence actuelle tend à protéger le locataire en place, lui permettant d’exiger une mise aux normes sans pour autant que le bail ne soit résilié d’office.

Les 3 dérogations légales pour louer une passoire thermique
Il existe des situations spécifiques où la loi autorise un propriétaire à s’affranchir de l’obligation de résultat en matière de performance énergétique. Ces dérogations légales sont essentielles pour les détenteurs de biens anciens ou complexes.
1. Les contraintes architecturales et patrimoniales
Certains bâtiments, en raison de leur intérêt historique, esthétique ou architectural, bénéficient d’une exception. Si les travaux de rénovation nécessaires pour sortir du DPE G (comme l’isolation par l’extérieur) modifient l’aspect des façades de façon non conforme au Code du Patrimoine, ou si les matériaux requis sont incompatibles avec la structure du bâti ancien, le bailleur peut être dispensé. Un avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) est alors indispensable pour justifier l’impossibilité technique.
2. Le blocage par la copropriété
C’est le cas de figure le plus fréquent en zone urbaine dense. Si un propriétaire bailleur démontre qu’il a soumis un projet de travaux d’isolation en assemblée générale de copropriété et que celui-ci a été rejeté par le vote des copropriétaires, il peut être exempté de l’interdiction de louer. La loi ne peut contraindre un individu à réaliser des travaux qui dépendent d’une décision collective souveraine, à condition de prouver sa bonne foi par le procès-verbal de l’AG.
3. Le coût manifestement excessif des travaux
Une dérogation peut être invoquée lorsque le coût des travaux de mise en conformité est disproportionné. Le seuil est généralement fixé lorsque le montant des travaux nécessaires pour atteindre la classe E excède 50 % de la valeur vénale du bien. Cette situation doit être attestée par un audit énergétique rigoureux et étayée par plusieurs devis de professionnels certifiés RGE.
Synthèse des cas de dérogations en 2026
Le tableau suivant récapitule les situations permettant de déroger aux obligations de décence énergétique cette année :
| Type de Dérogation | Conditions Requises | Justificatif nécessaire |
|---|---|---|
| Patrimoine protégé | Modification interdite de l’aspect extérieur ou dénaturation du bâti | Avis officiel de l’Architecte des Bâtiments de France |
| Refus de copropriété | Vote contre les travaux d’isolation lors de l’Assemblée Générale | Procès-verbal de l’AG (datant de moins de 3 ans) |
| Impossibilité technique | Risque avéré pour la solidité ou la structure du bâtiment | Rapport d’expertise structurelle ou bureau d’études |
| Coût disproportionné | Montant des travaux > 50% de la valeur vénale du logement | Audit énergétique et devis d’entreprises RGE |
Audit énergétique et aides : les leviers pour 2026
Pour les propriétaires ne bénéficiant d’aucune dérogation, la rénovation reste l’unique voie. L’audit énergétique est devenu l’outil de pilotage indispensable pour planifier les chantiers. En 2026, les dispositifs d’aides publiques comme MaPrimeRénov’ ont été renforcés pour accompagner les bailleurs, avec une priorité donnée aux rénovations globales permettant de gagner plusieurs classes énergétiques d’un coup.
Investir dans la performance énergétique n’est plus seulement une contrainte réglementaire, c’est une stratégie de sauvegarde patrimoniale. Un logement qui sort du statut de passoire thermique voit sa « valeur verte » augmenter, attirant des locataires plus stables et réduisant drastiquement les charges liées à la consommation d’énergie, limitant ainsi les risques d’impayés de loyer.
FAQ : Questions fréquentes sur la location des logements G
Puis-je louer mon appartement G en courte durée type Airbnb ?
La réglementation s’est considérablement durcie en 2026 pour les meublés de tourisme. La plupart des municipalités exigent désormais que les logements en location saisonnière respectent les mêmes seuils de performance énergétique que les locations nues, afin d’éviter que les passoires thermiques ne quittent le marché de longue durée.
Quelles sont les sanctions en cas de location illégale d’un DPE G ?
Le bailleur s’expose à des sanctions civiles : le juge peut ordonner la réalisation de travaux sous astreinte journalière, prononcer une baisse de loyer rétroactive ou accorder des dommages et intérêts au locataire pour préjudice de jouissance.
Le DPE G réalisé en 2022 est-il encore valable ?
Attention, la durée de validité des anciens diagnostics a été raccourcie. En 2026, seuls les DPE réalisés selon la méthode entrée en vigueur en juillet 2021 sont valables. Vérifiez impérativement la date et la méthode de calcul de votre document avant toute mise en location.
Conclusion : Vers un marché locatif transformé
La gestion d’un logement classé G en 2026 impose une vigilance juridique et technique accrue. Si les dérogations légales offrent un répit nécessaire pour les situations les plus complexes (copropriétés bloquées ou patrimoine historique), elles ne doivent pas masquer la tendance de fond : l’obsolescence programmée des logements énergivores. Pour le propriétaire bailleur, l’année 2026 marque le moment charnière pour arbitrer entre la mise en œuvre d’une rénovation performante, l’exploitation d’une dérogation légitime ou la cession du bien sur un marché qui valorise désormais la sobriété énergétique avant tout.
